Un soir d’été qui frôle les vingt degrés à nuit tombée, où l’on se promène dans la caresse d’un petit vent tiède à quelque 1 500 mètres d’altitude : tout cela n’est pas coutume pour le public du Festival Messiaen au pays de La Meije, plutôt habitué aux « petites laines » et doudounes dans l’église Notre-Dame de l’Assomption de La Grave. Le compositeur Olivier Messiaen (1908-1992), qui séjourna à cinq reprises dans la région après avoir acheté, en 1936, une maison en Isère (il y composera la quasi-totalité de son œuvre), n’a cessé de célébrer ce joyau du parc des Ecrins, dont il ne reconnaîtrait pas le glacier de La Meije (3 983 mètres), qui sue à gros torrents et dont la zone d’ablation, dénudant la roche grise, progresse à une cadence vertigineuse.
Fondé en 1998 par Gaétan Puaud, passé sous la direction artistique de Bruno Messina en 2019, le festival a invité pour sa vingt-huitième édition le compositeur britannique francophone George Benjamin. Sa présence est un événement d’autant plus remarquable que le musicien, en plus d’avoir livré deux chefs-d’œuvre lyriques au Festival d’Aix-en-Provence – Written on Skin en 2012 et Picture a Day Like This en 2024 –, offre cette fois en interprète la création française d’une pièce pour piano à quatre mains, Divisions.
Il vous reste 74.39% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.