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La visite du pape Léon XIV est « un rendez-vous raté » pour les victimes de violences sexuelles dans l’Eglise, regrette l’instance nationale de réparation

La visite du pape Léon XIV est « un rendez-vous raté » pour les victimes de violences sexuelles dans l’Eglise, regrette l’instance nationale de réparation

Le pape Léon XIV, qui rencontrera à Lourdes, le 27 septembre, sept victimes individuelles de violences sexuelles dans l’Eglise, a « raté » un « rendez-vous » avec les collectifs représentant l’ensemble des personnes concernées, selon l’Instance nationale indépendante de reconnaissance et réparation (Inirr).

« On aurait pu imaginer une parole portée par un petit nombre, mais construite avec un nombre beaucoup plus important », par exemple lors d’« un temps d’échange d’une journée entière, avec 250 ou 300 personnes » à Lourdes, a développé Marie Derain de Vaucresson, présidente sortante de l’Inirr, lors d’une conférence de presse de bilan.

En annonçant cette rencontre, la Conférence des évêques de France (CEF) avait justifié de ce nombre réduit par une « volonté du pape de favoriser les échanges interpersonnels ». « Aucun collectif ni de Bétharram ni d’ailleurs » ne sera convié, avait alors déclaré l’évêque de Tarbes et Lourdes, Mgr Jean-Marc Micas, arguant du trop grand nombre de sollicitations.

Une « maturité » française sur le sujet

L’Eglise a reçu une quarantaine de demandes, dont une douzaine émanant de collectifs, selon la CEF. Celui des victimes de Notre-Dame-de-Bétharram – Lestelle-Bétharram se trouve à 15 kilomètres de Lourdes – avait confirmé, « avec consternation », qu’il ne serait pas reçu, déplorant un « mépris institutionnel ».

« Le format interindividuel, je le comprends » car « pour échanger vraiment, il faut être un petit nombre », a continué Mme Derain de Vaucresson. « Ce n’est pas facile de travailler avec des collectifs de personnes victimes quand on n’en a pas fait l’expérience, mais c’est possible », a-t-elle ajouté, soulignant qu’« en France, cette maturité existe ».

L’Inirr ne rencontrera pas non plus Léon XIV, mais sa présidente a expliqué que si elle avait été conviée, elle aurait mis en avant « le petit temps d’avance » de la France sur le sujet. Les instances de réparation, mises en place en 2021 par l’épiscopat, dans le sillage du rapport estimant à 330 000 le nombre de victimes dans l’Eglise depuis 1950, en sont un bon exemple.

« Vous n’y êtes pas encore »

Cette expérience « devrait inciter le Vatican à porter haut et fort la volonté de continuer à faire la vérité sur cette réalité, et inciter les conférences nationales des différents pays à s’engager résolument », a-t-elle affirmé.

Dans la salle, plusieurs victimes présentes ont fait part de ce qu’elles auraient aimé dire au souverain pontife. « Pape Léon, qu’est-ce que vous faites pour que les écosystèmes du silence qui sont mis en place à tous les niveaux s’arrêtent ? », a lancé Pierre F., 36 ans, victime d’un prêtre dans son enfance.

« Je lui dirais de revoir les cours de sexualité au séminaire, de ne pas ordonner trop vite certains prêtres », a affirmé Cécile Reneaume, 34 ans. Eric, une autre personne victime, s’est dit « satisfait » de l’existence même de cette rencontre car « la parole des victimes va être portée ». « Ce que je dirais au Saint-Père, c’est : “Continuez d’apprendre à écouter. Vous êtes sur la bonne voie, mais vous n’y êtes pas encore”. »

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