Culture

Marie Dumora, réalisatrice de « La Ligne bleue » : « J’ai voulu raconter le contrechamp du camp, à travers les témoignages et l’oralité »

Marie Dumora, réalisatrice de « La Ligne bleue » : « J’ai voulu raconter le contrechamp du camp, à travers les témoignages et l’oralité »

Dans son territoire de cinéma qu’est l’Alsace, Marie Dumora a filmé des personnes de la communauté yéniche comme des héros. Et souvent, le motif de la déportation revenait au détour des récits. On a vu ainsi grandir deux sœurs, Sabrina et Belinda, placées dans un foyer avant d’être séparées (Avec ou sans toi, 2002 ; Je voudrais aimer personne, 2008). Dans Belinda (2017), on a entendu leur père, Franz, raconter comment ses parents s’étaient rencontrés, lorsqu’ils étaient enfants, dans le camp de Schirmeck (Bas-Rhin). Dans Loin de vous j’ai grandi (2021), Nicolas, le fils de Sabrina, vivait en foyer à Schirmeck, non loin de ce camp, et à une dizaine de kilomètres de celui du Struthof…

A chaque fois, un film en appelait un autre, comme si les œuvres se pollinisaient, dans un petit rayon géographique, toujours plus près du village de Natzwiller, lequel abrite le site de l’ancien camp de concentration du Struthof. Nous y voilà, en altitude, au milieu des montagnes, dans La Ligne bleue, où la cinéaste est allée enregistrer la parole des derniers témoins, ou celle de leurs enfants et petits-enfants.

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