Culture

Tour du monde en séries

Tour du monde en séries

Dévoilant de manière crue la violence du service militaire, la populaire série sud-coréenne Deserter Pursuit (ou D.P.) a eu un impact politique et social dans son pays d’origine. Consacrées aux cas de désertions d’appelés du contingent, les deux saisons diffusées sur Netflix en 2021 – récompensées en 2022 du prix du meilleur feuilleton aux 58e Baeksang Arts Awards, l’équivalent des Oscars locaux – et en 2023, ont titillé l’inconscient collectif d’une nation où le passage sous les drapeaux, pour dix-huit à vingt-deux mois selon l’arme choisie, reste un moment inévitable pour chaque jeune homme.

Impossible d’y échapper dans un pays toujours en guerre avec son voisin du Nord. Les combats de la guerre de Corée (1950-1953) ne sont que suspendus par un armistice. Même les plus grandes stars de la K-Pop, comme les membres du groupe BTS, ne peuvent se soustraire à ce devoir civique qui n’a rien d’une sinécure.

La série suit deux militaires, un appelé, An Jun-ho et un caporal, Han Ho-yeol, contraints d’intégrer la « D.P. », une unité spéciale chargée de retrouver les déserteurs. Harcèlement, limites physiques poussées à leur paroxysme, problèmes personnels : chaque épisode se concentre sur une affaire dont le point commun reste la violence. Des appelés sont contraints de se masturber pendant leur garde de nuit, de se rassembler au cœur de la nuit pour y être agressés ou doivent porter un masque à gaz rempli d’eau en guise de punition pour avoir ronflé.

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