« Rien n’arrête un peuple qui danse ! », proclame une pancarte brandie fièrement sur la place de la Bastille, à Paris. De fait, ils sont quelques milliers à être venus manifester, samedi 19 septembre, en sautant au son des ultrabasses, sous le soleil qui baigne la capitale. Après deux ans d’absence, la Techno Parade est de retour. En 2024, les Jeux paralympiques avaient contraint au report. Et, en 2025, les sponsors, essorés par les JO, manquaient à l’appel, expliquent les organisateurs. Le fait est que, cette année, la manifestation festive a d’abord une coloration politique. L’adoption par le Parlement, cet été, de la loi Ripost (Réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité) a mis le feu aux poudres.
« Répression : on monte le son. Moins de balles de keufs, plus de décibels en teufs », a écrit Justine, cheveux longs teints de rouge, godillots goths à plateforme et tenue noire. « Je fais des free-parties [fêtes autogérées] depuis six ans. J’avais 16 ans. Penser que je vais avoir un casier judiciaire alors que j’écoute seulement de la musique, ça me rend dingue. J’ai des amis qui se sont fait tirer dessus il y a une semaine en Normandie [une rave a été dispersée au bout de deux heures par les forces de l’ordre, samedi 12 septembre]. Alors que c’est un lieu de cohésion sociale, où il y a toutes les classes d’âge, que des artisans viennent vendre leurs produits, et qu’il y a une vraie protection », explique la jeune femme venue d’Angers, où elle termine ses études d’ingénieure agronome.
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