C’est l’une des images les plus étonnantes du mouvement lycéen et étudiant. Depuis les premières mobilisations, mi-septembre, de nombreux jeunes brandissent des drapeaux tricolores et entonnent La Marseillaise, notamment face aux forces de l’ordre. Les drapeaux rouges et L’Internationale (chant révolutionnaire du mouvement ouvrier) sont, eux, très discrets.
Ce phénomène n’a rien d’anecdotique. Il est même éminemment politique. Dans les cortèges, les messages antifascistes et contre l’extrême droite sont omniprésents. En brandissant les bannières bleu, blanc, rouge et en chantant l’hymne national, les manifestants entendent reprendre ces symboles de la Révolution française de 1789 et de la République à leurs adversaires, se les réapproprier et en revendiquer l’héritage. Redoutable pied de nez.
« Cela montre à quel point certains mythes fondateurs sont importants. L’histoire de la Révolution de 1789 est enseignée à l’école, cela fait partie du référentiel commun », se félicite Antoine Léaument. Le député La France insoumise (LFI) de l’Essonne est, comme le reste des cadres de son mouvement, très présent dans la mobilisation lycéenne et étudiante. Cette floraison tricolore spontanée le ravit, lui qui réfléchit de longue date à la mise en avant du « contenu politique de la République ». Dans une note de blog de 2025, il détaille ainsi cette « stratégie du drapeau ». Selon lui, elle vise notamment à « redonner à nos symboles nationaux leur sens profondément révolutionnaire et républicain, non pas en inventant un roman national de gauche face au roman national de droite, mais en regardant en face notre histoire ».
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